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    Aujourd'hui, je vous emmène à Turckheim, petite ville alsacienne , près de Colmar, pour suivre

    le veilleur de nuit ...

     

    Alsace / Le veilleur de Nuit de Turckheim

     

      "« Han sori zu Fir und Liacht ! » (Prenez soin de l’âtre et de la chandelle !). C’est en alsacien que retentit dans les ténèbres le chant de mise en garde qui, il fut un temps, évitait aux villages d’Alsace bien des tragédies. A l’ère de l’hyper-technologie, ce rituel anticipant les incendies est devenu désormais une tradition qui ne manque pas de charme et embrase certaines âmes nostalgiques. 

      Le feu, c’est la grande hantise des villes depuis le Moyen Age. Mais le danger vient également des négligents, des imprévoyants qui assoupissent devant une chandelle ou un feu de cheminée. C’est là que le veilleur de nuit entre en action. De sa voix de stentor, il secoue les somnolents et les oublieux en réclamant une extinction définitive des feux.     A Turckheim, on évoque encore le mémorable désastre qui réduisit en cendres, dans la nuit du 11 juin 1844, maisons et granges, dans l’impasse des Boulangers et la Grande Rue. Mais, le veilleur est là. Le « Nachtwächter » récite en alsacien le sésame inchangé depuis des siècles. Et si ça se gâte, il embouche son cor et appelle la population à se mobiliser contre les flammes, à  peine pointent-elles le nez.

      Puis, ce veilleur, au fil des ans,  devient une sorte de couteau suisse de la sécurité. Sa silhouette, habillée d’une cape et coiffée d’un bicorne arbore aussi une hallebarde impressionnante. Plus tard, il devient garde champêtre et… fossoyeur. Partie intégrante du décor urbain et rural de jadis, on lui prête une mémoire infaillible. Dans sa tête, il tient le registre des personnes ayant déjà un pied dans la tombe. Il dresse comptabilité également des dons qui lui viennent des habitants. Aussi, il valait mieux être dans ses (bons) papiers en n’omettant point de lui remettre ses étrennes, dès la veille du Nouvel An quand il se rend devant l’Hôtel de Ville pour présenter ses vœux au conseil municipal.

      Aujourd’hui, à Turckheim, ce sont Marcel Sattler, Louis Meyer et Jean-Luc Quilly qui ont repris le flambeau et perpétuent la tradition. On peut les accompagner dans leurs rondes à 22 h, du 1er mai au 31 octobre et les trois premiers samedis du mois de décembre."

     

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    Le bateau lavoir de Redon fut construit en 1857 et d'abord exploité par M. André GUEZY, maître charpentier. Il s'agissait d'une exploitation privée, exercée au moyen d'une redevance versée à l'équipement.

    Le bateau était équipé pour la lessive du linge par les lavandières professionnelles.

    Les bateaux lavoirs avaient l'avantage, pour les lavandières, de laver le linge sans être dépendantes du niveau de l'eau et d'être abritées par un toit.

    Ces bateaux lavoirs étaient un lieu réservé aux femmes. Là, entre les coups de battoirs, les rires, les chants et les coups de gueule, les langues devaient être bien pendues ! Les hommes n'y éraient admis que pour charrier la lourde brouette de linge humide jusqu'au lieu d'étendage et pour y amener le bois pour alimenter les chaudières.

     

      

    Les lavandières

     

    Métier: lavandière à Redon

     

    Les lavandières

     

     

     

    Les lavandières

     

    Quai Surcouf, devant le couvent des Ursulines, les bateaux-lavoirs étaient fort dangereux. En effet, on y faisait du feu pour faire bouillir le linge et, vers la fin, ces bateaux étaient en piteux état. Les femmes apportaient le bois et la lessive que leur donnaient leurs clientes. Elles rapportaient le linge mouillé le soir. Certaines laveuses étaient de fortes personnalités et, comme le métier était très dur, le cidre coulait facilement. Toutes sortes d'histoires étaient alors racontées, probablement enjolivées et souvent inventées; les rumeurs devaient aller bon train !

     « C’est ici, du matin au soir,

    Que par la langue et le battoir

    On lessive toute la Ville.

    On parle haut, on tape fort,

    Le battoir bat, la langue mord !

    Pour être une laveuse habile,

    Il faut prouver devant témoins

    Que le battoir est très agile,

    Que la langue ne l’est pas moins."

             Achille Millien  

     

     

    Lisez ici, ce témoignage d'Eugénie, ancienne lavandière à Redon...

    Télécharger « article journal.pdf »

     

    *** 

     

    Le club de modélisme naval de Redon (35)  planchait sur le projet, depuis 3 ans. Après 18 mois de recherche documentaire et 18 mois de construction, la maquette du bateau lavoir de Redon (long d'1,30 m) est née grâce aux mains de passionnés et a pu être présentée au public, pour la première fois, lors de la Bogue 2014.  

     

    Métier: lavandière

    Métier: lavandière

     

     

     

     

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  •   Exerçant son activité sur les routes et dans les rues des villages, le rémouleur propose ses services pour aiguiser couteaux, ciseaux et autres rasoirs. Il est aussi appelé repasseur (le verbe repasser est un vieux synonyme d'aiguiser). l'émouleur, quant à lui, exerce le même métier, mais de façon sédentaire ; il s'agit plutôt d'un ouvrier.

      Souvent originaire d'une région pauvre, le rémouleur part sur les routes chercher un hypothétique complément de revenu. Un voyage qui durait de Février à Novembre, soit une dizaine de mois et qui amenait le rémouleur à parcourir plus de 1000 km pendant cette période.

     

      Les outils, l'équipement du rémouleur évoluent au fil du temps pour devenir à la fin un engin relativement sophistiqué (quand il avait les moyens de l'acheter).

      Au début, il s'agit d'un simple bâti, muni d'une lourde meule de grès, souvent actionnée à la main par un apprenti. Le bâti est transporté sur le dos au moyen de sangles.

    rem-c-vernetetroit

     

      Plus tard, une brouette rend le transport moins fatigant ; le rémouleur y ajoute une réserve d'eau pour lubrifier la meule, et par la suite, la fameuse pédale qui lui permettra d'actionner lui-même la meule à l'aide du pied.

      Ensuite, la brouette devient une charrette plus évoluée, mais toujours tirée par le rémouleur. La taille du support s'agrandissant, on y ajoute un étau pour affûter les scies, une petite enclume et un marteau pour redresser les lames tordues ; puis, vient le temps de la démultiplication de l'entraînement au moyen d'une grande roue et d'une courroie, des tiroirs pour ranger les outils.

    remouleur-atget

    Le chien monte la garde pendant l'absence du rémouleur...

    http://remouleurs.files.wordpress.com/2008/10/nantes-ou-est-le-remouleur.jpg

     

    remouleur-breton1

    ***

      Voici une meuleuse à pédale, spécialement utilisée pour l'aiguisage des outils et ustensiles courants. Celle-ci est équipée d'une meule en grès trempant dans un bac d’eau. Après avoir été utilisée dans le cadre professionnel (en boucherie),  son propriétaire l'utilise encore pour affûter ses précieux couteaux...

    Métier de gagne-petit: rémouleur 

    Métier de gagne-petit: rémouleur

    Métier de gagne-petit: rémouleur 

    Métier de gagne-petit: rémouleur

    Métier de gagne-petit: rémouleur

    Métier de gagne-petit: rémouleur

    Merci à Michel pour l'aiguisage de nos couteaux ! yes

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        Chromo  

     

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